Mon rapport avec la mort est une chose dont j’ai envie de parler depuis longtemps.
Je ne sais plus vraiment si j’en ai déjà parlé, quoi qu’il en soit, nous sommes tous en cheminement, et ce, jusqu’au terme du parcours matériel présent. 

Donc il peut être pertinent, finalement, de réécrire dessus… 

Il ne s’agit en aucun cas ici de ma médiumnité. De mon travail en tant que médium tarologue professionnelle. J’ai envie, dans cette partie du site, de laisser tomber ma casquette de pro. Ce n’est pas la médium qui parle ici, mais plutôt moi, une gamine dans l’univers, qui finalement… Se sens parfois bien perdue dans tout ça.

 

Ma conception de la mort.

Il est vrai que mon parcours ésotérique a beaucoup influé sur ma vision actuelle de la mort. A la manière dont l’enseigne le tarot (je suis amoureuse de cette carte, si difficile soit-elle), et bien d’autres arts ou conceptions (mettez le mot qui vous conviendra, damoiselles et damoiseaux), pour moi la mort n’est pas une fin en soi. Une fin absolue, le néant. La mort est une étape. 

C’est une étape violente et douloureuse. Le deuil est violent et douloureux. Certains ne se remettent jamais de deuils vécus.  

La mort est une étape, dans la mesure où elle est un passage entre un état de chose et un autre. 

Je suis passée, dans ma vie, par divers courants religieux ou spirituels et même sectaires (mon parcours est assez chaotique et douloureux). Ce qui fait que j’ai finalement un enseignement concernant la mort assez vaste. Ces différents courants m’ont appris plusieurs approches de la mort, plusieurs visions de ce qu’elle peut être et engendrer. 

Tantôt elle a été une fin radicale et définitive, tantôt elle était une sorte de sommeil duquel un Dieu aimant pouvait vous réveiller, tantôt elle a été un passage vers le Paradis ou l’Enfer.

Elle est aujourd’hui un passage vers un autre état. 

 

Après la conception de la mort, il y a... TOI.

Ah, l’humanité. C’est justement ça, le truc. 

Notre matérialité, si difficile finalement à dépasser, et il est impossible de le faire totalement. C’est impossible puisque la barrière du corps, elle, reste. C’est une chose oubliée dans bien des discours concernant le dépassement de soi. Bien que pertinent. Pertinent, dans le sens où se dépasser concernant certains points peut être bénéfique, dans la mesure où nous sommes aussi des êtres capables de spiritualité et que notre condition à pour but de nous faire évoluer sur ce plan là. 

Mais malgré cette conception, et si j’ose dire, cette “compréhension” qu’on pense faire de la mort, il y a moi. Toi. Nous. Eux. Les émotions, les sensations, même physiques, qui jouent un rôle important. 

 

Et puis, Elle. Elle, la Terre.

Je ne suis pas en train de vous dire que perdre des gens, ou la possibilité de ne plus les voir me laisse froide. 
Mais face à la Terre, je ressens quelque chose de très fort. C’est elle, qui m’évoque le plus  fréquemment la mort et son côté tranchant, insoutenable, qui fait même couler des larmes. 
Je suis si amoureuse d’elle, que l’idée de ne plus la voir telle que je la vois aujourd’hui m’est insoutenable.

Ne plus voir le ciel, ne plus voir les arbres, ne plus sentir l’odeur de la Terre après la pluie, scientifiquement nommée Pétrichor. L’aube et le coucher de soleil, ces ambiances si particulières et qui font ressentir tant de choses. Et dans mon cas, celle de vouloir rester éternellement là, devant ce spectacle, cette lumière, cette ambivalence et qui me cloue au sol comme si rien d’autre ne comptait. Combien de fois, je suis restée sous la pluie froide, juste pour la sentir, pour sentir l’air froid dans mes poumons, sentir le pétrichor. Même si j’en suis souvent tombée malade. 

La Terre. Je suis amoureuse d’elle, clouée à son sol. Ses 4 robes, si identiques, et pourtant, si différentes chaque années. Le même amour qui reviens en moi, tout le temps, à chaque période. La plus intense restera toujours celle de l’automne. Son ambivalence, ces couleurs chaudes et froides, son ciel gris et son soleil cru du matin avec son petit air frai qui pique le nez. Cette lumière incroyable. 

Ne plus voir l’automne en tant qu’humaine avec ses sensations et capacités physiques. C’est immensément difficile pour moi, de l’accepter.

Bien entendu, il y a des êtres qu’il me sera insupportable de perdre. Je crois que ce qui m’effraie le plus n’est pas la mort en elle même, mais la douleur qu’elle provoque. Le deuil qu’elle représente et impose. L’abandon.
Même si elle est une étape, elle oblige à un abandon, et c’est ce qui est le plus terrible pour moi. Cet abandon, ce “laisse derrière toi”. Ce “plus jamais”, quelque part. En tout cas, pas dans cette vie là, avec mon coeur, mon corps, mes sensations. Une fin qui n’en est pas une en totalité, mais qui l’implique tout de même, dans toute sa complexité et sa difficulté.   

 

Finalement...

Avoir conscience, ou en tout cas penser avoir conscience de ce qu’est la mort, n’empêche pas de craindre ce qu’elle engendre. 
Ça n’empêche pas d’en souffrir. 

Bien entendu, le travail sur soi est à faire, ce fameux travail d’acceptation de la mort et de ce qu’elle implique, qui finalement rétablirait pas mal l’équilibre. Seulement, qui peut se targuer, avec vérité, de le faire soi-même parfaitement ? Personne.

Les leçons de morales culpabilisantes dans ce domaine vont bon train. Moi-même, j’encourage à faire ce travail, que je tente à titre personnel de faire au mieux malgré la douleur qu’il m’impose, mais avec la conscience, tout de même car inévitable,  de ce qu’impose la barrière qu’est notre corps. 

Oui, nous sommes égoïstes. Nous avons du mal à abandonner, à nous détacher, à laisser partir. Nous voulons garder, continuer d’aimer. Continuer de voir, de toucher, de sentir.  Parce que chacune de ses sensations engendre de l’amour et cet amour, y renoncer…
C’est tout le grand défi de notre condition matérielle et spirituelle que de renoncer et de faire des deuils, et de faire LE deuil. Le grand. Celui de la vie elle-même, au travers de la mort des autres, de la notre.
Alors on pleure, on hurle, on tente désespérément de rattraper ce qui nous échappe. Nous faisons des recherches pour retarder un vieillissement, chemin vers la mort pourtant inévitable. Nous cherchons même pour pouvoir vivre de nouveau, pour ne même pas mourir véritablement, dans le fond. Le plus clair refoulement, qui va même, j’en ai l’impression chez certains, jusqu’au déni. 
Envahis par la douleur que nous sommes, et même broyés sous elle. Elle nous oblige à plier, nous brise la colonne et il est tellement dur de se redresser, que tout ça ne peut en aucun cas être écrasé par un discours moralisateur hypocrite, visant une perfection que nous sommes incapables d’atteindre à l’unisson. 

Nous sommes tous, toujours en cheminement. Qu’on soit professionnels ou non dans ce domaine, on reste des humains en cheminement.
On change d’avis, de croyances, d’opinions… De par la vie, l’expérience. 

Donc malgré tout ce que je peux comprendre ou penser comprendre, je reste moi. A être fascinée quelque part par la mort, son sens, sa symbolique, sa définition et ce qu’elle engendre. Et je la déteste aussi, la rejette d’une certaine façon, la maudit, pour les abandons qu’elle m’oblige à faire. Même si je travaille dur pour accepter, aussi. Et pousser les autres à accepter, c’est moi aussi apprendre à le faire. 

Mon rapport avec la mort…. C’est le conflit. Je l’écris ici parce que je ne veux pas cacher cette faiblesse. Il est tellement facile de faire la morale tout en se montrant fort comme des rocs, que nous ne sommes pas les trois quart du temps, ou très difficilement. 

Cet article, mon travail, c’est aussi avancer moi, ma thérapie. Je voulais juste le dire. C’est tout….

 

2 commentaires

  1. Merci Angellyca, je lis tes articles avec un grand intérêt, parce que j’adore ton authenticité une vertu tellement rare. Ton rapport à la mort est juste (si on peut parler de justesse) et noble. J’apprécie le choix de tes mots pour en évoqué le sens ainsi que ton approche. Toujours un plaisir de te lire…

    1. Author

      Merci beaucoup pour ton commentaire et tes compliments, ça me touche beaucoup ♥

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